Partager l'article ! Les cantonales, élection politique par excellence: Parce qu’il prend des décisions majeures pour la vie quotidienne des habitants, le ...
ELECTIONS CANTONALES 2008
Alain Jourdan
enseignant, ancien conseiller général
Patricia Séguy suppléante
militante associative et des droits de l'hommecandidats présentés par le PCF
2ème canton de nimesdisponibles ,solidaires ,combatifs
À l’heure actuelle, c’est quarante-huit partout. Gauche et droite dirigent en effet le même nombre de départements métropolitains, avec une légère avance pour la gauche qui contrôle trois DOM sur cinq. Renouvelées par moitié tous les six ans, les assemblées départementales enverront, les 9 et 16 mars, 2 015 conseillers généraux, représentant chacun un canton, devant les électeurs. Seul Paris n’est pas concerné par cette élection car le conseil municipal exerce également les prérogatives du conseil général. Si en 2001 la participation au second tour du scrutin dépassait à peine 56 %, trois ans plus tard, elle avait augmenté de plus de dix points (66,48 %), permettant un rééquilibrage des forces politiques au profit de l’opposition de gauche.
Cette fois-ci, seize départements pourraient voir leur majorité basculer : huit à droite (Cher, Doubs, Drôme, Hautes-Alpes, Oise, Pyrénées-Orientales, Seine-et-Marne et Territoire de Belfort) et huit à gauche (Deux-Sèvres, Charente-Maritime, Corrèze, Côte-d’Or, Indre-et-Loire, Lot-et-Garonne, Somme et Val-d’Oise), sans compter l’Allier dont la majorité a, de fait, changé au cours d’une élection partielle mais dont le président de droite n’a toujours pas démissionné. Dans ce département, c’est désormais le Parti communiste français qui détient le groupe le plus important. Un PCF menacé, en revanche, en Seine-Saint-Denis, par l’appétit du Parti socialiste en la personne du fabiusien Claude Bartolone.
Cette année, la parité est de règle aux cantonales, avec l’obligation pour chaque candidat de présenter un suppléant de sexe opposé, appelé à occuper sa fonction dans certaines conditions, sans recours à une élection partielle. Pour l’instant, les assemblées départementales restent largement un monde d’hommes : sur un peu plus de quatre mille conseillers généraux, 11 % seulement sont des femmes.
Occultée par la campagne des municipales, l’élection des conseillers généraux, par les compétences que leur ont conférées les différentes lois de décentralisation, est pourtant tout aussi importante pour faire contrepoids à la politique du tandem Sarkozy-Fillon. Notamment en ce qui concerne les politiques d’action sociale dont les départements sont les acteurs numéro un en France. Ils y ont consacré en 2005 plus de 22 milliards d’euros.
Responsables de l’aide à l’enfance et de la protection des familles, ils ont aussi compétence pour tout ce qui concerne l’aide aux personnes âgées et handicapées. Ils sont responsables de la gestion du RMI, leur premier poste de dépenses (5,7 milliards en 2006), et gèrent, depuis 2002, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA, 4,1 milliards d’euros en 2005).
Les départements ont la responsabilité de la construction et du fonctionnement des collèges et la maîtrise des routes nationales (20 000 kilomètres au total).
Contrairement à ce que les médias laissent penser, les élections cantonales ne sont donc pas un scrutin de second plan. « Les départements sont les collectivités qui corrigent les accidents de la vie et les injustices sociales. Sans leur appui, bien des communes ne pourraient mener à bien leurs projets », rappelle Claudy Lebreton (PS), président de l’Assemblée des départements de France. C’est enfin une des seules élections qui permet aux formations politiques de mettre en avant leur spécificité sans tomber dans la personnalisation à outrance.
Ludovic Tomas
salle eau bouilie